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La communauté juive de Ferryville en Tunisie : une courte vie ! (1897-1956)

10 avril 2013 10 h 33 min2 commentaires

Par Yaël Lévy-Provençal

Lorsque l’on parle de la communauté juive de Tunisie, on évoque celle des grandes villes : Tunis, Gabès, Djerba,  Sousse, mais peu de juifs tunisiens connaissent celle de Ferryville…
Ferryville (aujourd’hui appelée Menzel Bourguiba) est à 60 km au nord de Tunis et à une vingtaine de kilomètres au sud de Bizerte, chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle se situe au fond du lac de Bizerte, au sud-ouest de celui-ci, sur l’étroite bande de terre qui passe entre les lacs de Bizerte et Ichkeul. En 1897, le gouvernement français prend la décision de construire un arsenal sur un site stratégique entre les lacs d’Ichkeul et de Bizerte. Le nom de Ferryville a été donné à la ville en l’honneur du ministre français Jules Ferry qui est l’inspirateur du protectorat français de Tunisie. En 1900, trois ans après sa fondation, Ferryville compte déjà 5.000 habitants, dont 1.800 tunisiens, 1.000 français et 2.200 étrangers dont des Maltais, des Espagnols mais surtout des Italiens majoritairement de Sicile.
On trouve des traces des juifs en Tunisie après la destruction du deuxième Temple de Jérusalem en 70 après JC. (D’après un monument juif trouvé à Hammam-Lif près de Tunis en 1883). Après des siècles de périodes difficiles et d’autres moins pour les juifs, une intervention de Napoléon III (en 1857) imposera au Bey de Tunis une charte reconnaissant l’égalité absolue de tous les Tunisiens sans distinction de religion et libre de tout exercice de tous les cultes.
A la veille de l’instauration du Protectorat français en Tunisie, les communautés juives, réparties sur tout le territoire, comptent environ 50.000 personnes dont 30.000 à Tunis. (En 1881, sur les 19.000 européens vivant en Tunisie, 59% étaient italiens, 37% anglo-maltais et 4% français.
En 1902, Ferryville comptait 2.500 français, 3.500 italiens et 2.000 indigènes. Ville nouvelle, elle va attirer un certain nombre d’immigrants et plus particulièrement des Siciliens. Les Français de métropole qui étaient envoyés par des sociétés métropolitaines ouvraient des commerces, des débits de boisson, etc…
Le premier Maire (Vice-président de la commission municipale) nommé par décret beylical en mars 1905 fut François-Eugène Ricard, alors que le premier président de la commission fut Sidi Salah Baccouche, Caïd de Bizerte. La ville se développa très rapidement.

La communauté juive de Ferryville

Si l’on tient compte des statistiques officielles du gouvernement tunisien concernant la population juive tunisienne de Ferryville, on note qu’ils étaient 70 en 1921, 323 en 1946 et 179 en 1956. (Cette diminution s’explique par le début de l’émigration des familles vers Israël, la France ou même le Canada). Les premiers juifs sont arrivés des alentours à Ferryville en 1913. A ces nombres, doivent s’ajouter des familles de Juifs français. Ce qui donnerait par exemple en 1936 : 285 juifs au total, en 1946, 484 juifs et en 1956, 269.
Jusqu’en 1942, la communauté juive se composait d’environ 25% d’ouvriers ou employés de l’arsenal et de la marine, de 20% de commerçants (artisanat, cabas en cuir, poteries, bijoux en argents, bonneterie, tissus, électroménager, etc…) et 12% d’artisans. Leur venue à Ferryville a été essentiellement motivée par des raisons économiques, ils venaient tout simplement y chercher du travail.
Quelques noms de familles : Cohen, Fitoussi, Guez, Jami, Lelouche, Msika, Setbon, Baroukh, Ben Ezra, Berreby, Bensimon, Chemla, Nahoum, Attal, Berda, Haddad, Lahmi, Sebag, Safar, Taïeb, Zeitoun, Madar, Demri, Boukhris, Gozlan, Haccoun, Hassoun, Krief, Maatouk, Lévy, Saada, Tahar, Zarka, Baron, Mamou, Pariente, Junès, Narboni, Hagège,Méguidès, Seknazi, Uzan….Ces noms de famille sont à l’image de la majorité des juifs de Tunisie : origine diverse qui témoigne de successives émigrations de Palestine, d’Italie, d’Espagne. Et ces juifs venus d’horizons différents vont constituer la communauté juive de Ferryville.

Au tout début, les offices religieux avaient lieu chez les particuliers, puis se firent dans un local de la rue Hoche. Le nombre de fidèles augmentant, ils ramassèrent de l’argent pour acheter une maison rue Marceau, avec deux logements : l’un pour le rabbin, le second aménagé en synagogue (inaugurée en 1937).Après la seconde Guerre mondiale, la maison fut vendue pour un autre projet de synagogue qui ne vit jamais le jour. La petite synagogue resta en fonction jusqu’au départ des derniers juifs.

Le premier rabbin (également boucher) fut Lalou Aboujdid de Bizerte en 1933. Puis se succédèrent les rabbins Fradgi Zeitoun (1934-43), Nessim Msika (1943-51), Aron Boukhris (1951-56), Rahamin Assuïed (1956-58), et le dernier, Raphaël Madar (1961-62).
Le shabbat et les fêtes, la synagogue connaissait une assez bonne fréquentation. Peu de juifs construisaient leur soucca et tous se réunissaient pour Souccot sous celle de la synagogue. A Rosh HaShana et Kippour, les fidèles se retrouvaient souvent à l’extérieur de la synagogue trop petite alors… Pour Pourim, les enfants faisaient éclater des pétards pendant la lecture de la Meguila au grand désespoir du rabbin qui avait bien du mal à officier. Les membres de la communauté venant d’horizons différents, il y avait parfois quelques tensions pendant les prières et les offices, mais tout finissait par rentrer dans l’ordre à l’occasion du Yom Kippour.

Il y avait une boucherie cachère. Après le rabbin-boucher Aboujdid, ce fut Meyer Sebbag qui vint s’installer de Mateur. Le nombre de mariages mixtes a été insignifiant durant toutes ces années malgré un environnement non-juif très important.
Une Caisse de Secours et de Bienfaisance créée en 1934 a été instituée officiellement par décret du 1er décembre 1949 (Journal officiel tunisien). Ce comité avait pour but d’entretenir la synagogue et le cimetière et de prélever les taxes sur la viande et le vin casher, de gérer les dons et les revenus du cimetière. Les pauvres de la communauté recevaient le pain azyme pour Pessah et des dons pour les fêtes.
En 1950, sa gestion était confiée à M. Elie Haddad (Président), Jacques Guez (Vice-Président), Maurice Attal (trésorier) et Emile Cohen (secrétaire). Emile Lévy  était délégué du gouvernement auprès du comité d’administration de cette caisse de secours. Se succédèrent à ces postes les années suivantes, Fraji Msika, Georges Baruch et Gaston Atlan.
Le cimetière (acquit par la communauté en 1937 pour un franc symbolique auprès des autorités françaises) était situé à Sidi Yahya. Une cinquantaine de personnes y sont inhumées.

La politique et les relations avec les autres communautés

Les relations entre Juifs et Français et Européens étaient excellentes. Les autorités religieuses juives étaient toujours conviées aux cérémonies officielles organisées par la municipalité. Les rapports avec les musulmans ont été amicaux, mais à partir de 1948 (date de la création de l’état d’Israël) et dès 1950 (date de la détérioration des relations franco-tunisiennes), les relations se sont détériorées. Nombreux juifs avaient la carte du parti communiste. D’autres adhérèrent au parti socialiste. Mais la majorité des juifs ferryvillois éprouva de la sympathie pour le front populaire.
Les mouvements sionistes et l’école.
Il n’y a jamais eu d’école juive à Ferryville et les enfants fréquentaient les écoles laïques jusqu’en seconde puis partaient terminer leurs études au lycée Stéphen Pichon à Bizerte ou dans des lycées de Tunis. Une antenne de la « Chomer Hatzaïr », dirigée par Léon Messica, regroupait quelques jeunes de la communauté qui se réunissaient régulièrement.

Il n’y a pas eu à proprement dit de mouvement sioniste implanté à Ferryville. De temps en temps, un envoyé de l’agence juive venait à la synagogue pour inciter les juifs à “monter en Israël”. Victor Lévy (dit Lévy-Singer) fervent sioniste de Ferryville, lui aussi a également beaucoup œuvré pour motiver les juifs à partir en Israël.
Lévy-Singer, drôle de nom ? En effet, il y avait 3 familles juives «Lévy» à Ferryville. Lévy Emile qui après avoir été radié de l’arsenal pendant la guerre (lois anti-juives) a ouvert une petite épicerie, le second, André Lévy qui travaillait dans une banque et un troisième Lévy Victor (qui vendait les machines à coudre Singer). Pour les dissocier (et jusqu’à aujourd’hui encore) on disait : Lévy-Epicier et Lévy-Banque et Lévy-Singer….

Les lois de Vichy et l’occupation allemande.

Dès 1939, les Juifs de Ferryville vont se trouver entraînés dans la guerre. Certains sont mobilisés, envoyés au front et d’autres seront faits prisonniers par les allemands et libérés à l’armistice. La première loi portant sur le statut des Juifs est adoptée le 3 octobre 1940. Elle définissait qui devait être considéré comme juif et les excluait de la fonction publique, de la presse, de la radio et du cinéma. Les Juifs pouvaient exercer une profession libérale dans la limite d’un numerus clausus.
Pendant toute la durée de la guerre, les Juifs furent soumis au recensement par les autorités françaises. Bizarrement, par rapport à celle du reste de la Tunisie, la communauté juive de Ferryville n’eut pas trop à souffrir de l’occupation allemande. Les Juifs ne furent pas soumis au travail obligatoire alors qu’à Bizerte, à 20 km, ce fut le cas, les besoins des allemands étant plus importants. Cependant, ils confisquèrent des machines à coudre, des postes de radio, des bicyclettes, des ménagères en argent… En fait, la communauté de Ferryville étant peu nombreuse, pendant leurs 6 mois d’occupation, les allemands s’intéressaient plus aux grosses communautés comme celle de Tunis, Sfax, ou Sousse à qui elles exigèrent des contingents importants de travailleurs obligatoires.
Pendant la période de Vichy, sous l’occupation italo-allemande, la population européenne avait des opinions partagées. Certains enseignants étaient farouchement pétainistes et anti-juifs, et ne s’en cachaient pas. Certains commerçants français affichaient même sur leur devanture la photo du Maréchal Pétain. Mais la majorité des ferryvillois européens étaient gaullistes et les Juifs n’eurent pas à souffrir d’agressions physiques aussi bien de la part des Français que des Italiens ou des Musulmans. Et contrairement aux Juifs du reste du pays, ceux de Ferryville ne furent pas tenus de porter l’étoile jaune.
Fin mars 1943, la 8è armée britannique franchit la frontière tuniso-lybienne et remonta victorieusement vers le nord, libérant sur son passage Gabès, Sfax, Sousse et Enfidaville entre le 28 mars et le 15 avril 1943. La fin de l’occupation allemande fuit suivie de l’abolition de toutes les mesures anti-juives prises par Vichy.

La crise entre la France et la Tunisie

La vie suivra son cours jusqu’à ce que les relations entre la France et la Tunisie se tendent. Le territoire tunisien devient le théâtre de violences quotidiennes et quelques incidents graves éclateront à Ferryville le 17 janvier 1952. Ces événements ne laissent pas indifférente la petite communauté juive de Ferryville. Beaucoup de juifs ferryvillois étaient français, avaient fait la guerre, travaillaient dans la marine française. Même ceux de nationalité tunisienne étaient très attachés à la France.
L’émigration des juifs ferryvillois commença dès 1946 jusqu’en1956. Ils partirent vers la France (pour des raisons linguistiques et économiques) ou vers Israël principalement (pour des motivations idéologiques ou religieuses). Seule une famille nombreuse émigra au Canada. Les autorités tunisiennes n’ont pas empêché l’alyah des juifs. (Ils savaient pertinemment que les juifs partiraient en France qui servait d’escale avant d’aller en Israël). Cependant, en 1956, nombre de ferryvillois n’avait pas pris de décision définitive. Contrairement à ceux qui étaient dans la marine ou dans l’enseignement et l’administration et qui avaient demandé leur mutation pour la France, c’étaient surtout des commerçants ou propriétaires juifs qui n’arrivaient pas à se résoudre à abandonner leurs fonds de commerce ou leurs biens.
La crise de Bizerte a emporté les derniers espoirs de la communauté Ferryvilloise. A l’indépendance, Ferryville est devenue «Menzel Bourguiba», l’avenue de France, l’avenue Habib Bourguiba, et le boulevard Carnot, l’avenue Kheredinne. Le clocher de l’église est abattu et cette dernière transformée en centre culturel. Aujourd’hui il n’y a plus un seul juif à Ferryville.
Source : Maîtrise de Haï William Berreby (INALCO, 1995) : «Naissance et disparition d’une communauté juive : Ferryville / Menzel Bourguiba».Pour les nostalgiques de Ferryville, consultez le site : www.lac-de-bizerte.com

Après quelques notions d’histoire… l’émotion et la nostalgie !
(Témoignage de Claudia Tartamella-Ciantar)

Quelques-uns de mes amis ayant eu l’occasion de lire ce texte … me reprochent de ne pas le publier ! Alors allons-y… mais sans aucune prétention…. et si le cœur vous en dit, vous amis qui avez vécu en Tunisie, lisez…et replongez vous dans notre vie là-bas ! Voici un petit texte où il est justement question de tous ces mots, figures et objets qui ont marqué notre jeunesse …
La plongée dans nos souvenirs, nous a permis de reparler il y a peu du «Four Palestinien» tellement utilisé pour les gâteaux et gratins, mais les cuisinières tunisiennes faisaient cuire aussi sur le «Kanoun», ce petit brasero en terre posé sur le sol dans lequel se consumait du petit bois ou du charbon de bois. Les fillettes que nous étions avions toutes pour «dînette», un «Kanoun» miniature sur lequel nous posions les minis couscoussiers et tagines en terre également. Puis il y eut le «Primus», petit réchaud à pétrole que nous ne devions pas approcher afin de ne pas le renverser. Qui n’a pas grillé de poivrons sur ces ustensiles, pour préparer la salade «Méchouia» tellement appréciée les soirs d’été après s’être déjà bien régalé de «Variantes» ces petits tronçons de légumes mis à mariner dans du vinaigre, servis pour la «Kémia», ce sympathique rituel de l’apéritif. De copieux morceaux de «Hobs-Tabouna» ce délicieux pain, souvent encore chaud, qui savait faire un peu oublier le feu de l’Harissa….. On faisait aussi la cuisine à la «Baballa»…cette expression employée pour dire qu’on ne suivait pas de recette précise et que les proportions étaient déterminées selon l’intuition de la cuisinière. Et le «Potager» (?), mot utilisé en Tunisie pour désigner une sorte de paillasse de carrelage blanc incluant un foyer dans lequel on pouvait faire un feu de bois, et une niche pour entreposer les légumes. Toutes les cuisines des logements italiens avaient ce «potager» autrefois, avant l’utilisation des réchauds à gaz. Les enfants aimaient faire ouvrir entre leurs dents des «Glibettes» ces graines de courge grillées et salées, et dans les villes nous aimions aussi réclamer des «Cakis», ces petits anneaux de pâte salée accrochés les uns aux autres, vendus aussi en bâtonnets dans des corbeilles en paille par des marchands ambulants. Les repas se terminaient toujours par des tranches de pastèque fraîche, et il y avait aussi des morceaux de «Halwa» cette pâte, garnie d’amandes ou de pistaches, à qui tout le monde donnait le nom de «Caca de pigeon» mais jamais personne n’a expliqué pourquoi avoir utilisé ce nom si peu appétissant pour une telle confiserie !!!! Pour le point d’eau, nous désignions une fontaine par le joli mot de «Sabella» et nous y remplissions les «Gargoulettes» les cruches en terre qui conservaient à l’eau une fraîcheur bien agréable…. Dans les bonnes, ou moins bonnes…habitudes de notre enfance, il y avait aussi un autre rituel, celui du passage chez le marchand de «Ftaïres» pour y faire provisions de lipides bien emmagasinées dans ces beignets ruisselants d’huile de friture à manger tout chauds, bien emballés qu’ils étaient, dans ce bon vieux papier marron, dont on a connu le vrai nom qu’en France, je veux parler du papier Kraft qui enveloppait tout ce que l’on achetait chez l’épicier, non chez le «Djerbien» pardon !…
Et comme si les excès ne suffisaient pas, nous aimions aussi à un autre moment de la journée, consommer ces autres beignets qui en plus de l’huile avaient dessus une bonne couche de sucre et qui répondaient au nom rigolo de «Bambolonis»… Cela prend maintenant des allures d’interdit …mais comme tout cela était délicieux !
Pour en finir avec ces autres péchés sans cesse répétés, nous avions aussi la dégustation des «Granites», ces sorbets au citron servis dans un verre jetable, qui étaient vendus par les marchands de citronnade, qui nous tentaient aussi avec leurs «Croquants aux amandes» coupés en biseau et bien rangés en pyramides près des beaux et grands pots en verre des citronnades…. J’ai encore en tête ou plutôt à l’oreille, la chanson du marchand ambulant de «Frigolos», notre «Picard» de là-bas, sa grande caisse isotherme sur l’épaule qui chantait…  «Friiiiiiigolos bien glacés, Bons Glaaaaaaaces!!!!», cette glace à deux parfums coincée entre deux gaufrettes. Mais non ! Ce n’est pas fini, j’oubliais les roulottes à «Fricassés», ces ancêtres des Mac Do, nos petites boules de pain remplies jusqu’à en déborder, de thon, olives, câpres, etc…Çà c’étaient des hamburgers !
Bien sûr, notre vie ne tournait pas autour des spécialités comestibles. Les femmes et les sœurs aînées travaillaient beaucoup à la maison mais les tâches ménagères étaient souvent accomplies dans la bonne humeur et en chansons. Il en fallait de l’entrain pour laver le sol avec «le Chiffon à laver l’parterre» soigneusement replié sur le «Frottoir», ce manche à balai qui partait d’un bois avec lequel il formait un T. C’est en France que le mot de serpillère s’est révélé à nous sans parler de la «wassingue» découverte dans le nord…. Quand l’après-midi les femmes se reposaient un peu à l’ombre dans le jardin embaumés de jasmin ou dans la cour avec les voisines, retentissait toujours le cri de la «Déguéza ou Dagueza» qui leur promettait des jours meilleurs dans l’avenir, la rencontre d’un homme riche pour les filles encore célibataires, la fortune avec un bon travail pour les autres…. Plus rarement, heureusement pour nous, passait dans un grand vacarme la «Boussadia», cet homme menaçant, vêtu de vieilles peaux, des anneaux et des tatouages partout, flanqué d’un homme qui tapait sur un tambour ou des «Darboukas» pour rendre l’ambiance de la rue encore plus pesante. En faisant des grimaces hideuses, il tapait dans le sol avec son grand bâton … Nos parents n’attendaient pas son passage pour nous faire peur. Nous avions aussi droit au «Babahou» qui viendrait nous gronder si on ne s’endormait pas assez vite. Je ne suis pas capable de vous le décrire, ni moi ni personne d’ailleurs… Nous ne l’avons jamais vu et pourtant nous le connaissions tous. C’est là que l’on peut regretter que Super Nanny n’existât pas ….
Dans les rues, jamais de vide-grenier pour se débarrasser des vieilles choses, tout était donné à «Robba-Vecchia». Sur les routes il y avait toujours des embouteillages occasionnés par les «Arabas» ces charrettes en bois tirées par des «Bourricots». Attention, pas des ânes, des «Bourricots»… qui transportaient toutes sortes de marchandises. Mais les gens qui n’avaient pas de voitures se déplaçaient souvent d’une ville à l’autre en s’entassant dans un véhicule appelé «Louage». Entre les «arabas» qui traînaient sur la route et les «louages» qui fonçaient, pas de route «bis» avec itinéraire «bison futé»….. Mais dans les villes on pouvait voir les «Carricolos» ces calèches décorées qui transportaient des promeneurs ou des acheteurs chargés de paquets. Leur «Bizznes» a dégringolé avec l’arrivée des «Taxis-Bébés», ces quatre chevaux qui transportaient tout le monde pour pas très cher. Les pauvres cochers en sont devenus «Fartas» à force de perdre leurs cheveux, par souci du manque à gagner.
Ah! Un autre nom connu me vient à l’esprit ! Personne n’a oublié la «Pompe à Fly-Tox»….un autre objet culte qui, bien avant que l’on ne parle des Shadoks ou de la pollution, servait à faire pression pour faire sortir de son mini réservoir cet insecticide qui devait débarrasser nos nuits des mouches et des moustiques…
Mais quel plaisir je viens de prendre à repenser à tous ces mots…ces objets…et je me dis que la liste énumérée est certainement incomplète…Alors, qui en rajoutera ??



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2 Commentaires

  • Bonjour yael
    c’est tres bien raconte.et assez complet.
    La qui a ose opter pour le Canada c’est la notre..et ma foi ce ne fut pas la plus mauvaise ! Les Haccoun ont reussi leur integration en terre quebecoise..
    Aujourd’hui nous en sommes a la troisieme generation de Haccoun nes en Amerique et le lien historique qui nous lie avec la Tunisie commence a s’estomper…
    Merci de ce rappel.
    Rene .

  • tres interresant et important.

    malheureusement la chere communiter juif de tunisie est disperser dans le monde et ne reste presque rien.
    il faut concerver notre coutume et notre culture.

    il faut construire un musee pour notre histoire.

    mon reve c est de realiser ce reve
    Yossi Barriah-BEER-SHEVA -israel.

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