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Janvier 1944. Le convoi n°66 quitte Drancy pour Auschwitz

7 janvier 2014 9 h 16 min0 commentaire

Janvier 1944. Le convoi n°66 quitte Drancy pour Auschwitz

 Par Yaël Lévy-Provençal

 

Le 20 janvier 1944, le convoin°66 part de Drancy versAuschwitz, emportant 1.153Juifs. Il s’agit du premiertransport de l’année 1944.

Les 1.153 Juifs du convoi furent arrêtés selondifférentes méthodes. Pour la majorité d’entreeux, elles ressortissent de la logique de la traque : ce furent des arrestations individuelles ou familialesmenées par des Allemands (Gestapo,Feldgendarmerie) et des Français (policiers, gendarmes, miliciens). Elles touchèrent l’ensembledu territoire français : la traque fut menée defaçon méthodique et étendue. Les déportés duconvoi n° 66, arrêtés pour l’immense majoritéentre septembre 1943 et janvier 1944, furent pris dans 51 départements différents.

Le convoi du 20 janvier 1944 emporta vers Auschwitz 539 femmes (47 %) et 614 hommes(53 %). Des enfants furent déportés par ceconvoi : 81 étaient âgés de moins de neuf ans,(7 %) dont 8 de moins de deux ans. L’âge du plus jeune garçon qui échappa à la sélection et au gazage à l’arrivée à Auschwitz, Philippe Vovk, était de 14 ans. Si l’on prend son âge comme limite de l’enfance au sein du convoi, on trouve 144déportés âgés de 14 ans ou moins, soit 12,5 %. Le déporté le plus jeune était Alain Gross né le 29septembre 1943, donc âgé de trois mois, arrêté parla Police française, lors de la rafle des 10 au 11 janvier1944 décidée par les Allemands en Gironde.

La déportée la plus âgée, Fanny Neumann, née le 17 septembre 1858, avait 85 ans ; elle avait été arrêtée en janvier 1944 à Paris.

1 153 Juifs arrivent à Auschwitz

Ils sont 1.153 qui descendent des wagons plombés le 23 janvier 1944 à Auschwitz. Seul un quart duconvoi entrera au camp. 862 hommes, femmes et enfants furent sélectionnés, chargés sur des camions et emmenés directement à la chambre àgaz. Sur les 291 déportés, 236 hommes et 55femmes, qui reçurent un matricule cette nuit-là,seuls 194 hommes et 31 femmes ont pu être identifiés grâce aux archives consultées, près de 80 % de l’ensemble. Sur cet échantillon, la tranche des hommes entrés au camp se situait entre 14 et 50 ans et celle des femmes entre 17 et 43 ans. La sélection des femmes fut drastique comparée à celle des hommes. Si 43 % d’entre eux entrèrent au camp, seuls 12 % des femmes échappèrent à la chambre à gaz. Parmi les rescapés, tous racontent une séparation rapide entre le groupe des hommes et celui des femmes et des enfants. Les hommes furent examinés de façon méthodique : Léon Lehrer évoque ce«bref examen de chacun de nous : tâter nos épaules, regarder nos dents, nos mains, notre peau, apprécier notre allure générale. Et, d’un signe de sa baguette, le commandant nous envoie, les uns à droite, les autres à gauche.» Aucontraire, la sélection des femmes ne se fit pas defaçon ordonnée. Suzanne Birnbaum se souvient :«brusquement, une lampe électrique est braquée sur ma figure et j’entends qu’on me demande : “Vous êtes seule ?” Je réponds : “Seule.” Un officier allemand m’indique un endroit un peu plus loin et dit : “Par là.” Je rejoins un groupe d’une dizaine de jeunes femmes qui attendent. Une à une, d’autres femmes nous rejoignent, toutes jeunes et fortes d’apparence.»

Les 291 hommes et femmes qui entrèrent au campd’Auschwitz, ce 23 janvier 1944, furent emmenésvers les parties du camp où ils devaient être affectés. Tous subirent d’abord les étapes de la déshumanisation : déshabillage, désinfection,tonte, tatouage (du numéro 172611 au 172846pour les hommes et du 74783 au 74797 et du 74835 au 74874 pour les femmes) puis distribution del’uniforme des Häftlinge, le pyjama rayé, pour leshommes ; de hardes dépareillées, pour les femmes. Suzanne Birnbaum les décrit ainsi :«Une vieille chemise, une robe, un manteau, un châle, des bas, des chaussures et des bouts de chiffons déchirés qui doivent servir à tenir les bas. (…) Nous n’osons plus nous regarder, et pour la première fois des larmes nous montent aux yeux. Qu’ont-ils fait de nous si rapidement ? Nous commençons à comprendre tout ce qui nous attend, et c’est la minute de grande désespérance, de détresse.»

Les hommes du convoi n°66 furent affectés à Auschwitz III Monowitz, constitué autour del’usine de l’IG-Farben pour la fabrication ducaoutchouc synthétique ou «buna» qui finit, dansle vocabulaire du camp, par devenir le nom del’usine : on travaillait à Buna. Pour Léon Lehrer,Isaac Borne et son frère Joseph, ce qui leur a sauvéla vie, c’est d’avoir pu obtenir un travail à Buna à l’abri. «Je mesure la chance que j’ai eue d’obtenir ce poste de travail, à l’abri du froid et des coups. Dorénavant, ma vie se partage en deux parties très distinctes : d’une part, (…) les cérémonies de l’appel et des pendaisons, la peur de me faire tuer pour un oui ou pour un non, l’obligation d’être sans arrêt sur le qui-vive, même la nuit. Et, d’autre part, le travail à la Buna où je peux souffler un peu, me mettre à l’abri des regards, un lieu où je vais pouvoir réapprendre l’amitié et un semblant de vie sociale». Philippe Vovk n’eût pas cette chance, il fut affecté tout au long de son séjour à Monowitzaux Kommandos les plus difficiles : placement decâbles électriques et conduites d’eau, pavementdes routes, déchargement des wagons de ciment, debriques, de pierres, de sable…

 

Les femmes du convoi n°66 furent détenues àAuschwitz-II Birkenau. Elles furent dispersées dans différents Kommandos de travail et différents blocs d’habitation. Comme pour les hommes, le travail des femmes à Auschwitz pouvait être insupportable ou plus clément. La solidarité fut l’une des données importantes que chacun de ces survivants met en avant pour expliquer sa survie. Il ne s’agit pas tellement de solidarité au niveau global mais plutôt de coups de pouce, d’informations qui leur donnèrent «une ligne de conduite»,leur permirent de s’orienter correctement, de savoir prononcer leur matricule en allemand, de se faire affecter dans «le bon» Kommando.

L’une des particularités du camp d’Auschwitz-Birkenau, à la fois camp de concentration, de travail et d’extermination, réside dans les sélections régulières. Les détenus devaient mourird’épuisement par le travail mais si leur condition physique était jugée insuffisante pour le travail, ils étaient le plus souvent mis à mort par gazage. Philippe Vock raconte :«Et baraque après baraque, le SS passait et désignait les futurs gazés. Nous devions nous mettre tout nus et, notre carte avec notre numéro à la main, nous défilions devant lui ; il nous indiquait notre place à prendre ; à droite ou à gauche, selon son choix. (…) Le lendemain en allant chercher le pain, ils étaient retenus (…) et étaient emmenés en camions à la chambre à gaz.» Sima Vaisman était médecin au Revier ducamp des femmes de Birkenau. Ayant connu les sélections de l’intérieur, elle explique : «lorsque le nombre de survivantes du Revierétait grand, on faisait de temps en temps des “sélections”, pour ne pas nourrir toutes ces bouches inutiles (…). Mais ces médecins étaient des esthètes, ils ne conservaient que des corps jolis.» Elle raconte la terreur,l’affolement, la folie qui s’emparaient de toutes celles qui passaient la sélection mais surtout des sélectionnées, parquées dans un bloc, interdites de sortie, qui hurlaient lorsque les Allemands venaient les chercher, tentaient de fuir. Et c’est alors qu’apparaît cette phrase, le titre donné à sontémoignage : «Parmi les cris, un chant s’élève.» Car il arrivait que les condamnées se mettent àchanter : «l’hymne juif, en grec, La Marseillaise souvent aussi…»

 

Les trajectoires de 225 des 291 déportés entrés aucamp ont pu être déterminées. Parmi eux, 116 semblent être restés à Auschwitz jusqu’à leur mort ou leur libération. Les autres connurent des transferts vers d’autres camps de concentration ou Kommandos extérieurs de ces camps. La majorité de ces transferts intervint dans le contexte de l’évacuation d’Auschwitz 6 ; c’est le cas pour 88 d’entre eux. Ils furent évacués vers Ravensbruck et Bergen-Belsen pour les femmes ; Buchenwald, Dora, Gross Rosen et Gleiwitz pour les hommes.

L’évacuation du camp, menacé par l’avance destroupes soviétiques, commença le 18 janvier 1945,dans l’affolement, la précipitation et la désorganisation.Ce fut le 27 janvier que les troupes soviétiques libérèrent le camp et les détenus trop malades pour être transportés et ceux qui avaient réussi à se cacher et à échapper au calvaire de l’évacuation. Pour les autres, une longue errance à travers la Pologne et l’Allemagne commença, de camp en camp.

Les transferts furent nombreux et les contingents étaient le plus souvent divisés dans le camp d’arrivée avant une nouvelle évacuation Pour Isaac Borne, Léon Lehrer et Philippe Vovk, cela commença par une «Marche de la Mort» jusqu’à Gleiwitz, puis un transport en train à destination de Buchenwald. Philippe Vovk le qualifia de«train cimetière ou “Radeau de la Méduse”.»

Tous décrivent un trajet long et pénible. Les déportés furent tassés dans les wagons, pendant sept jours. Arrivés à Buchenwald, les déportésvenus d’Auschwitz furent parqués dans le «petitcamp», dans lequel ils retrouvèrent des évacués de l’Est : «c’est là que je m’aperçus bien que c’était la débâcle.» Certains purent rester à Buchenwald comme Isaac Borne et son frère, d’autres furent transférés vers d’autres camps ou Kommandos d’où ils furent libérés.

À la Libération, que sont devenus les déportés  n°66 ? Il faut rappeler que les trois quarts des 1.153 Juifs du convoi n°66 furent sélectionnés et gazés le 23 janvier 1944. Parmi les 291 Juifs immatriculés à Auschwitz, 199 ne revinrent pas. Au final, il en revint 92 de déportation : 62 hommes et 30 femmes, soit 8 % du groupe parti deDrancy le 20 janvier 1944.

 

Source : Extraits de la thèse de Nina WINOGRAD, étudiante en histoire à l’Université de Caen Basse-Normandie. Elle a soutenu en novembre 2009 un mémoire de Master 1 intitulé « Un convoi de déportés juifs. Le transport Drancy-Auschwitz du 20 janvier 1944 »(mention TB). Elle est l’arrière-petite-fille de Chaja Winograd déportée à Auschwitz dans le convoi n°66 et gazée à l’arrivée, à l’âge de 42 ans.



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